On a failli retrouver la Bête du Gévaudan ! 

Capture d’écran 2017-01-29 à 11.44.51

Il y a quelques mois, une recherche sur internet avec les mots-clefs « bête du Gévaudan » m’avait permis de découvrir la reproduction d’un document vendu aux enchères à la salle des ventes Drouot en 2011.

Il s’agit d’un ancien papier peint, issu de la collection « Le Manach » de Tours, acquis lors de cette vente par le Musée du papier peint de Rixheim (68).

Intrigué par le fait que cette relique (qui nous montre un chien tâcheté, genre « mâtin » ) avait été baptisée « bête du Gévaudan » j’ai voulu essayer de comprendre si cette dénomination était d’époque ou avait été donnée ultérieurement. Dans l’hypothèse où elle aurait été d’époque, cela aurait pu peser en faveur de l’hypothèse « chien » défendue par divers passionnés de « la Bête ».

Je me suis donc adressé successivement à diverses personnes susceptibles de m’aider dans la résolution du mystère. D’abord au Musée ayant acquis la pièce. Son conservateur m’écrit, après avoir examiné le dos du papier peint qu’aucune inscription n’y figure qui pourrait corroborer cette hypothèse. Par contre, il me confirme que ce papier peint date bien des années 1770/1780.

Une bibliographie sur les papiers peints « Le Manach » étant mentionnée sur la documentation consultée , je me suis alors adressé à l’auteure du mémoire en histoire de l’art : « l’Art du papier peint en France dans la seconde moitié du XVIIIème siècle à travers la collection particulière de la maison Georges Le Manach » soutenu il y a 20 ans.

J’ai aussi contacté l’expert chargé de la vente, puis une des deux personnes ayant dirigé le mémoire de maitrise (la seconde étant décédée) et enfin la conservatrice du Musée des Arts Décoratifs de Paris (département des papiers peints) ainsi que la gestionnaire des fonds anciens Le Manach de la Maison Pierre Frey (éditeur contemporain de tissus d’ameublement ayant conservé des archives « Le Manach » ) .

Tous ces spécialistes m’ont très bien reçu et ont avec beaucoup de gentillesse répondu à mes questions. Hélas, aucun indice sérieux montrant que cette appellation « bête du Gévaudan » était bien d’époque n’a pu être recueilli.

Vraisemblablement cette dénomination qui n’a sans doute pas été inventée récemment a dû se perdre au fil du temps mais dès lors une autre question se pose qui restera probablement elle aussi sans réponse : Qu’à voulu montrer le dessinateur ? La bête ? Un simple chien ? Et pourquoi un chien poursuivant un homme ? A  moins qu’il ne s’agisse que d’une œuvre de pure fiction en lien avec les croyances populaires du moment ?

Les dessinateurs proposaient aux soieries (dont celle de Tours qui était renommée) des oeuvres en fonction de la mode du moment mais n’étaient pas attachés à un fabricant en particulier. Ils proposaient leur production à qui voulait bien l’acheter . Il est donc peu probable que l’on puisse découvrir l’auteur du dessin de ce papier peint , comparer avec le reste de sa production et de comprendre quels étaient ses motifs d’inspiration..

Moralité : on aurait pu retrouver la Bête du Gévaudan, mais on a juste soulevé une piste incertaine de plus !

Pour voir la bête la base Joconde : http://jocondelab.iri-research.org/jocondelab/notice/468303/

Et des détails utiles ici :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_...